Ōtomo

Katsuhiro
Katsuhiro Ōtomo
1 954

Katsuhiro Otomo naît le 14 avril 1954 dans la préfecture de Miyagi, au Japon.

[img"1971 - MACCHI URI NO SHOOJOO"]

Il commence sa carrière de dessinateur professionnel comme illustrateur notamment pour la télévision, en 1970, et s’oriente vers la bande dessinée (le manga) en 1973. Sa première bande dessinée s’appelle «The Gun Report (Jusei)», il s’agit d’une adaptation très libre d’une nouvelle de Prosper Mérimée (écrivain, historien et archéologue français, 1803-1870), «Mateo Falcone», une histoire d’honneur dans la corse du XIXe siècle.

[img"1976 - AME LINGO"]

Mais sa première histoire d’envergure est une histoire de karatéka new-yorkais, et il réalise bien d’autres histoires (dont de nombreuses adaptations de comptes de Grimm) jusqu’au début des années quatre-vingt.

[img"1978 - HENSEL TO GRETEL"]

Ayant commencé très jeune (à dix-neuf ans), ses histoires publiées jusqu’à ses vingt-neuf ans ne connaissent pas un succès retentissant, mais sont remarquées par quelques amateurs. Son dessin se caractérise par la distance qu’il prend avec le style Tézuka, loin de la rondeur de ses personnages et des grands yeux disneyens.

[img"1979 - JACK TO MAME NO KI"]

Le style d’Otomo est au contraire réaliste, ses histoires dures, empreintes de violence, d’un souci de la psychologie des personnages et de l’ambiance des lieux. Le tout est accompagné d’un surnaturel sombre, qui tourne le plus souvent au désastre, voir à l’apocalypse.

Son premier très grand succès au Japon est «Dômu» traduit en français par «Rêves d’enfant». Ce récit et en scène une fillette et un vieillard dotés de pouvoirs para-normaux, dans une cité-dortoir dans laquelle des meurtres sont commis. Une enquête à lieu, qui donne l’occasion à Otomo de détailler de façon presque documentaire la sociologie d’un grand ensemble japonais.

[img"1980 - Domu (rêves d’enfant)"]

Ce récit paraît en épisodes chez Action Darks entre 1980 et 81, puis est repris en 1983 en trois volumes chez l’éditeur Futabasha. Il est publié en France en 1991 chez les Humanoïdes Associés. Cette œuvre est d’ailleurs couronnée par le Grand Prix japonais de la science-fiction en 1983.

[img"1981 - SAYONARA NIPPON"]

[img"1981 - Domu (rêves d’enfant)"]

Mais le succès planétaire d’Otomo arrivera avec Akira, histoire de près de 2200 pages qu’il commence en 1982 chez Young Magazine. Ce récit paraîtra entre 1982 et 1990, en 120 épisodes. Elle connaîtra un succès fulgurant. En  1984, Kodansha la publiera en plusieurs volumes (pour les épisodes sortis), chacun vendus à 700 000 exemplaires. Otomo fonde alors MASH Room, son studio de production, afin de soutenir le rythme de parution.

[img"1982 - Akira"]

Un dessin animé sortira, produit par Otomo, dès 1988.

[img"1982 - Akira (tome 2)"]

La BD sortira aux Etats-Unis en 1988 également chez Epic Comics. Elle sortira en Espagne, en Italie et en France en 1990, chez Glénat pour ce dernier pays.

[img"1983 - Akira (Tome 3)"]

Il s’agira du premier manga complètement adapté en français. Jusqu’ici, ce genre était quasiment inconnu chez nous, à part les dessins animés pour la télévision du type Goldorak, et, beaucoup plus marginalement, des tentatives éditoriales de spécialistes comme le journal «Le cri qui tue». C’est avec Akira que commencera la déferlante de la bande dessinée japonaise en France.

Le graphisme précis et dynamique d’Otomo, son sens aigu de la mise en scène cinématographique, la folie de ses scènes d’action font mouche. Les anciens amateurs de Goldorak, ayant grandi, retrouvent avec passion cette animation japonaise dont ils étaient privés.

Mais l’histoire et les thèmes du manga ne sont bien sûr pas étrangers à ce succès.

Après la troisième guerre mondiale, une petite guerre des gangs de jeunes motards se heurte à un secret militaires : l’armée utilise des mutants aux pouvoirs surnaturels, tentant de maîtriser leur énergie phénoménale. L’un des motards, Tetsuo, se révèle être un de ces mutants. 

Mais, au fin fond de NeoTokyo, dans un bunker enterré profondément, dort Akira, le plus puissant de ces mutants, capable de manipuler la matière et le temps. Or, des signes montrent que le réveil d’Akira est proche.

Ces thèmes apocalyptiques entrent bien en résonance avec l’époque : désillusion des utopies des années 1970, guerre froide et menace nucléaire, mouvement punk, début des mouvements New age, et surtout perte des idéaux, le héros principal du manga, Kaneda, n’étant animé que par des motifs futiles, sa moto, son désir pour une jeune fille idéaliste (Kei), son appétit pour les amphétamines. 

Après Akira, Otomo se consacrera au dessin animé et au cinéma, et abandonnera à peu près la bande dessinée.

Il sort notamment en 2004 «Steamboy», une uchronie sur un monde où la machine à vapeur aurait été l’élément essentiel du développement technologique.

[img"2004 - Steamboy"]


 

 

Note : la plupart des images ci-après sont tirées du site  http://otomo.free.fr/ par amp.prod (amp.prod.free.fr) Je vous invite à vous y reporter pour plus d’informations sur Otomo.

1971 - MACCHI URI NO SHOOJOO
1976 - AME LINGO
1977 - UCHUU PATROL SIGMA
1978 - HENSEL TO GRETEL
1979 - JACK TO MAME NO KI
1980 - Domu (rêves d’enfant)
1981 - SAYONARA NIPPON
1981 - Domu (rêves d’enfant)
1982 - Akira
1982 - Akira (tome 2)
1983 - Akira (Tome 3)
2004 - Steamboy

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