Les 6 enchaînements de Scott McCloud

Dans son livre «L’Art Invisible», Scott McCloud analyse la façon dont des cases peuvent s’enchaîner dans une bande dessinée.

Il en détermine 6. C’est bien sûr une analyse discutable et schématique (on pourrait affiner et trouver peut-être bien d’autre types de transitions, ces transitions sont parfois mélangées, imbriquées), mais elle n’en reste pas moins très utile et fructueuse, 

non seulement pour étudier la bande dessinée, mais aussi et surtout, lorsqu’on fait une bande dessinée, pour varier les enchaînement et la narration.


Les 6 enchaînements dans l’Art invisible ... et dans «Faire de la bande dessinée»

[img"l’Art invisible"]

[img"Faire de la bande dessinée"]


1. De moment à moment

[img"Automne"]

Entre chaque case, on a des enchaînements de moment à moment, c’est-à-dire qu’on passe, dans une même scène, avec un même personnage et dans une même action, d’un moment à l’autre de l’action.

Entre chaque strip, on a des transitions de point de vue  point de vue.

Ces enchaînements très simples, sans ellipse, donnent un effet doux et mélancolique, renforcé par la simplicité et l’élégance du dessin.


2. D’action à action

[img"F-52"]

Un sujet est représenté dans une série d’actions. L’enchaînement est d’ailleurs ici valable pour deux sujets, les deux adversaires.

Le personnage de la jeune femme apparaît abruptement, et n’est pas concernée par l’enchaînement.

Remarquons l’absence de cadre qui permet de fluidifier l’enchaînement d’actions, sans que celle-ci ne soit interrompue par des cadres.


3. De sujet à sujet

[img"Souvenir  de l’Empire de l’Atome"]

Une série de sujets changeants sont représentés au cours d’une même scène.

On a ici un «cas d’école», mais tous les enchaînements de sujet à sujet ne sont pas forcément aussi clairs : il ne s’agit pas forcément de gros plans enchainés de façon systématique.


4. De scène à scène

[img"Tintin en Amérique"]

Une série de sujets changeants sont représentés au cours d’une même scène.

On a ici un «cas d’école», mais tous les enchaînements de sujet à sujet ne sont pas forcément aussi clairs : il ne s’agit pas forcément de gros plans enchainés de façon systématique.


5. De point de vue à point de vue

[img"Quartier lointain"]

L’enchaînement « de point de vue à point de vue» a longtemps été typique de la bande dessinée japonaise, sorte de respiration zen au milieu d’un récit, vue de ciel, de pagode ou de cerisiers en fleurs.

Idéale pour créer une ambiance, on la trouve de plus en plus dans les récits européen sous l’influence du manga.


 

6. «Solution de continuité» (du coq à l’âne)

[img"Le portrait"]

Ce type d’enchaînement est le plus étrange et le plus poétique.

Des images se succèdent sans rapport apparent entre elles. Ici, on peut supposer que le personnage masculin s’adresse au personnage féminin de la deuxième case.

Mais celui-ci est en blouson alors qu’elle est nu pieds en débardeur, ils ne semblent pas être au même endroit. Le personnage féminin est représenté trois fois dans la case centrale. 

L’arbre de la dernière case ne semble pas non plus appartenir à la même scène.

Mais tout ceci – plus le fait qu’aucun visage n’est visible, l’absence de cadre de la case centrale – loin d’être absurde, tend à créer une ambiance, même plutôt un sentiment – angoisse, tristesse désespoir, incompréhension.

Les 6 enchaînements de Scott McCloud
Souvenir  de l’Empire de l’Atome
F-52
Automne
Tintin en Amérique
Quartier lointain
l’Art invisible
Faire de la bande dessinée
Le portrait
Bibliographie utilisée pour cet article: 

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