L'OUBAPO, Ouvroir de Bande-Dessinée Potentielle

Lorsqu’en 1960 nait l’OULIPO (OUvroir des LIttératures Potentielles), créé par Raymond Queneau, François Le Lionnais déclare aussitôt que cet élan ne saurait s’arrêter à la seule littérature mais devra englober l’ensemble des champs de la connaissance humaine autour d’un grand OU-X-PO.

Il faudra attendre 1992 pour qu’apparaisse enfin l’OUBAPO, comité créant des bandes dessinées sous contrainte formelle volontaire.

Le véritable départ sera donné par Thierry Groensteen, Lewis Trondheim, JC Menu et des membres de la maison d’édition L’Association.

Après l’expérience «Moins d’un quart de seconde pour vivre», la naissance de l’OUBAPO est entérinée par le collège de pataphysique et bientôt est publié le premier Oupus de l’OUBAPO.

L’OuBaPo a tenu sa première séance de travail dans les locaux de l’atelier Nawak, début 1993.

Actuellement les neufs membres de l’Oubapo sont : Anne Baraou, Lewis Trondheim, Thierry Groensteen, Killoffer, Jean-Christophe Menu, Gilles Ciment, Jochen Gerner, François Ayroles et Etienne Lécroart.

Il existe aussi un Ouvroir agréé aux Etats-unis coordonné par Matt Madden, quelques oubapiens suisses (Alex Baladi, Ibn El Rabin, Andréas Kündig) et un oubapien ibérique (Sergio Garcia).

Alors que Thierry Groensteen s’attaque à la constitution du premier bouquet de contraintes, les membres de l’OUBAPO se lancent dans les exercices ; on trouvera leurs travaux dans la revue Lapin, dans les Oupus de l’OUBAPO, dans le quotidien Libération où des planches seront publiées tout l’été 2000.

Bientôt certains auteurs, tel Etienne Lécroart, publieront leur travaux oubapiens comme des ouvrages à part entière. A l’étranger aussi ces idées trouveront écho, oubapo-america.com se chargeant par exemple de proposer et fédérer aux Etats-Unis certaines compétitions.

Les festivals verront apparaître des challenges oubapiens, et on pourra même visiter des expositions sur les résultats des travaux.

Avec une reconnaissance artistique de la bande dessinée de plus en plus large par l’ensemble de la population, les travaux de l’OUBAPO semblent promis à un bel avenir.

Thierry Groensteen a proposé de nombreuses contraintes.

Il en distingue notamment deux types :

Contraintes génératrices à l’origine de bandes dessinées originales : restriction iconique, restriction plastique, restriction énonciative, itération iconique, itération iconique partielle, plurilecturabilité, réversibilité, recouvrement, consécution aléatoire, distribution réglée, ordonnancement géométrique...

Contraintes transformatrices intervenant sur des bandes dessinées déjà existantes : substitution, S+7 (?), expansion, réduction, recadrage, réinterprétation graphique, hybridation...


Moins d’un quart de seconde pour vivre

[img"Trondheim - Menu"]

[img"Trondheim - Menu 2"]

Moins d’un quart de seconde pour vivre est une bande dessinée de Jean-Christophe Menu (dessin) et Lewis Trondheim (scénario) publiée pour la première fois en 1990 aux éditions L’Association, dans la collection Éperluette.

Cet ouvrage est qualifié d’OuBaPien par anticipation, car créé à partir d’une contrainte artistique volontaire, mais réalisé avant que soit fondé et formalisé ce comité. 

La contrainte artistique ici employée est l’itération iconique :

Jean-Christophe Menu a dessiné huit cases sans texte que Lewis Trondheim a assemblées pour créer une centaine de strips de quatre cases, employant parfois dans un strip une seule des quatre vignettes (quatre fois). Trondheim a aussi ajouté du texte.

Ces cent strips constituent donc cet album. Ils peuvent être lus indépendamment les uns des autres mais la répétition des cases donne une forte cohérence au tout qui finit par former une histoire suivie.


Domipo

[img"Baraou - Killofer"]

Domino en bande dessinées, par Anne Baraou et Killofer.

L’Association 2009.


Réduction

[img"Ciment"]

La réduction de l’album d’Hergé «les cigares du pharaon» en une planche par Gilles Ciment

Itération iconique partielle

[img"Ayrole 1"]

[img"Ayrole 2"]

Dans Jean qui rit jean qui pleure, Ayroles applique l’itération iconique partielle : une partie de l’image demeure, mais tout le contexte change.


Une réunion à l’OUBAPO

[img"Trondheim - Lecroart"]

Petit exercice oubapien à quatre mains : les dessins 1 et 4 sont de Lewis Trondheim, les 2 et 3 d’Etienne Lécroart  (l’un ne sachant pas ce que l’autre dessine).

Le rappel à l’ordre de la case 3 représente Gilles Ciment

L'OUBAPO, Ouvroir de Bande-Dessinée Potentielle
Ciment
Trondheim - Lecroart
Trondheim - Menu
Trondheim - Menu 2
Baraou - Killofer
Ayrole 1
Ayrole 2

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