Créer une BD de deux pages

Je souhaite que l’atelier BD se focalise désormais sur la création de BD en deux planches maximum. Si tu as des des travaux de BD personnels, tu pourras bien entendu continuer à les réaliser parallèlement.

Pourquoi en deux planches ? Premièrement, parce qu’au début, la création d’un long récit est une entreprise longue et difficile, dans laquelle on peut se décourager.

Ensuite, nous aurons certainement des points à revoir dans le travail qui sera fait et des critiques à formuler. Plus le récit sera court, moins la modification sera pénible.

C’est pourquoi je souhaite aussi que l’atelier BD soit l’occasion de créer des BD spécifiques, autres que les travaux que tu peux avoir déjà commencés : je ne me permettrais pas de te dire de recommencer un travail personnel comprenant de nombreuses planches que tu as réalisé en mettant tout ton cœur. Pour les travaux spécifiques de l’atelier BD, ce sera différent : je pourrai les critiquer librement, et comme ce seront des «exercices», ce ne sera pas grave, tu pourras recommencer certaines cases, pour améliorer ton récit et progresser en bande dessinée.

En outre, j’aimerais que chaque BD terminée dans le cadre de l’atelier BD soit publiée sur ce blog

Pour pouvoir mettre sur ce blog des histoires complètes, mieux vaut ne pas se lancer dans des récits trop longs.

Enfin, un récit de deux planches permettra à ceux qui le souhaitent de participer au concours scolaire d’Angoulême

Les pages suivantes vont te guider étape par étape pour faire ta BD en deux planches. Tu n’es pas obligé de les suivre dans l’ordre (sauf les dernières : crayonné - encrage-mise en couleur), mais le mieux est de toutes les faire et de les montrer à chaque étape pour voir ce qui peut-être amélioré. Le plus difficile étant sans doute d’accepter la critique comme une aide pour faire mieux (et non comme une punition) !

Pour chaque histoire, fais-toi un petit dossier dans une chemise qui regroupera tous les documents qui la concernent


Le synopsis

Pour commencer, écris le synopsis(ou résumé) de ton histoire en quelques lignes.

Le but n’est pas de raconter tous les détails de l’histoire, mais ses grandes lignes, quel est son principe, qu’est-ce qu’elle veut dire,  pourquoi elle est intéressante.


Le scénario

Cette fois, décris en détails chaque case de ton histoire, avec l’ambiance, le décor, la lumière (si c’est la nuit pas exemple, il faut le préciser), les personnages qui sont dans le cadre, etc. Les dialogues (qui seront dans les bulles), seront dans la colonne de droite, les descriptions en colonne de gauche.

Commence par la case 1, puis trace un trait horizontal, en dessous fais la case 2, etc.


Le découpage

Prend une feuille A4, place la horizontalement et trace un trait vertical au mileu pour créer deux cadres A5, chaque cadre représentant une de tes deux planche.

Dans ces cadres, dessine les cases de tes deux planches, ainsi que les personnages très simplement en bonhommes patates, avec les textes qu’il diront.

Comme tu n’as pas la place de tout écrire, tu peux mettre des numéros en référence au scénario à la place des textes.

Cette étape est très importante, car c’est la mise en scène de ton histoire. Si tu n’es pas complètement satisfait de l’effet produit, n’hésite pas à gommer ou à recommencer sur une autre feuille ! 


Recherches de documentation

La documentation ne doit pas être négligée, c’est une étape importante pour qu’on puisse croire à ton histoire !

C’est bien sûr indispensable s’il s’agit d’une bande dessinée historique où qui se passe dans un contexte particulier (avions de combats, à la ferme avec des animaux, dans une usine, etc), mais également si la scène se passe dans un environnement « normal » et habituel. Dans ce dernier cas, prends un carnet de croquis et dessine les endroits ou les objets que tu as sous les yeux et qui seront vus dans ta BD. Sinon, le CDI du collège ou la médiathèque sont des mines de documentation à exploiter ! Et il y a bien entendu Internet (et notamment Google Street view et youtube). Il n’a jamais été aussi facile de trouver des informations sur un sujet, alors profites-en !

Tous les détails peuvent être documentés dans une BD : les paysages, les constructions, mais aussi les objets, les vêtements, les types de personnages (chevaliers, cow-boys, fermiers, astronautes)...

Pour une BD de science-fiction ou de fantasy où tout est inventé, il est également important de se baser sur une documentation pour la modifier et aider son imagination ! On peut aussi faire un monstre avec une grenouille et un dindon bien observés !

Pense que ta BD bénéficiera de chaque minute passée en documentation !


Recherches de personnage

Chaque personnage de l’histoire doit être parfaitement défini, dans toutes les positions, avant de commencer à dessiner. Sans quoi des problèmes difficiles vont se poser en cours de route, et le résultat risque d’en pâtir ! Chaque personnage, son visage, mais aussi ses attitudes, ses vêtements, sa façon de réagir doit être défini. Le personnage doit être dessiné de face, de profil, de trois quart et dans différentes positions qu’il peut avoir au cours de l’histoire. De cette façon, tu l’auras «bien en main» et tu pourras le dessiner sans trop de difficulté, ce qui rajoutera de la fluidité à la bande dessinée.

Tu peux faire tes recherche pour un personnage ci-dessous, ou sur d’autres feuilles.

Techniques et matériel

Avant de te lancer dans le crayonné de tes planches, il faut bien réfléchir au matériel que tu vas utiliser.

En ce qui concerne le papier, nous allons utiliser un papier canson 24x32 de fort grammage qui supporte à peu près toutes les techniques (mais si tu as un papier particulier que tu veux utiliser pour une technique spécifique, pas de problème). Mais il faut choisir avec quoi on va dessiner et mettre en couleur.

Il faut des techniques avec lesquelles on est à l’aise, qu’on a l’habitude d’utiliser. Ou alors il faut bien s’entraîner avant de dessiner sur le papier final !

Il faut vérifier que les techniques sont compatibles entre elles : par exemple, si on encre au feutre et qu’on veut mettre en couleur à l’aquarelle, attention à ce que l’aquarelle ne fasse pas baver le feutre !

Il faut aussi vérifier que le papier supporte la technique utilisée : si je reprends l’exemple de l’aquarelle, il faudra peut-être envisager d’utiliser un papier spécial pour cette technique, qui ne gondole pas. Mais alors il faudra aussi vérifier que l’outil utilisé pour l’encrage est compatible avec ce papier (par exemple il est difficile de dessiner à la plume sur un papier aquarelle).

Mais il est aussi possible d’utiliser des outils très simples, comme le stylo bille et noir et blanc. Il n’y a pas de contrainte, à part de vérifier que tout fonctionne bien, qu’on maîtrise l’outil et qu’il servira l’histoire qu’on veut raconter. 

Par exemple, si on veut raconter une histoire comique, très gaie, des couleurs vives seront conseillées, on pourra mettre en couleur avec des encres de couleurs ou des feutres. Pour une histoire plus réaliste, triste ou difficile, on pourra envisager un gris en lavis ou un noir et blanc dur, à l’encre de chine.


Cases

casesOn va maintenant prendre le papier, son scénario et son découpage. 

Mais encore un peu de patience avant de dessiner !

Première étape, on va dessiner les cases, d’abord à main levée, en se référant à son découpage, mais très doucement, au crayon à papier, sans appuyer du tout pour pouvoir gommer très facilement et dessiner dessus. Quand on a tracé légèrement toutes ses cases à main levée et que cela paraît correct en fonction de tout ce qu’on veut mettre dedans et des effets de mise en page qu’on veut créer, on les trace à la règle.

Il faut prévoir une marge de deux ou trois centimètres tout autour de la page, et ensuite chaque case doit être séparée des autres par un espace de cinq millimètres. Donc il faut bien mesurer tout ça avec une règle ! Mais si tu respecte bien ceci, l’aspect sera très «pro».

De jolies cases bien droites : le secret de la réussite ! Vois comme cette page est déjà magnifique !

Note : certains auteurs arrivent à de très beaux résultats avec des cases faites à main levée, très artistiques, mais c’est encore bien plus difficile ! Pour commencer, je conseille la règle !


Lettrage

Lettrage pour la bande dessinéeQuand les cases sont tracées à la règle, dessine, toujours très doucement, très légèrement dans les cases, tes personnages, accompagnés des textes et des bulles. Le but est de bien voir l’encombrement des textes avant de dessiner précisément les personnages, pour que ceux-ci ne se télescopent pas avec ceux-là ! Il faut bien comprendre que le texte est un élément primordial de ta BD. 

En effet, c’est sur lui que va dans un premier temps se focaliser l’attention du lecteur. 

Si le texte est pénible à lire, le lecteur va se fatiguer, voir s’énerver, et même si le dessin est très beau et l’histoire passionnante, tout sera par terre ! Il faut donc particulièrement veiller à sa typographie !

Comme pour les cases, le meilleur moyen d’avoir un texte bien régulier, est de tracer à la règle les lignes sur lesquelles il va reposer. C’est un peu fastidieux à faire, mais le résultat est excellent ! 

Il faut dessiner deux traits par ligne, la lettre sera coincée entre ces lignes.

Le mieux pour savoir comment les espacer, est de faire des essais préalables. Une lettre de cinq mm de haut avec un interlignage de 2 mm donne de bons résultats. Quand on a tracé ces lignes là où il y a des bulles dans la page, on dessine les textes au crayon un peu plus appuyé (pas trop tout de même, qu’on puisse gommer à la fin). Je dis bien qu’on dessine ses textes, on ne les écrit pas ! En effet, vu l’importance de la lettre dans la BD, il faut y apporter un soin particulier, en n’hésitant pas à réfléchir à comment dessiner chaque lettre ! On peut envisager que chaque personnage ait une typographie particulière en fonction de son tempérament, de son humeur, etc. Mais le principal est que tout cela reste bien LISIBLE !


Premier encrage et crayonné

A ce stade, j’aime bien encrer le texte, les cases et les bulles avant de passer au dessin proprement dit.

De cette façon, d’une part j’ai un cadre très propre pour dessiner, et j’ai une bonne première vision de la page, d’autre part, si je dois gommer lors du crayonné - et je dois SOUVENT gommer - je n’abîme pas le crayonné de mes bulles, textes et cases. Donc j’encre ces parties-là, j’attends suffisamment longtemps que l’encre sèche (même l’encre du stylo bille doit un peu sécher), et je gomme.

Ensuite, je peux ENFIN passer au dessin !

Je récupère bien tous mes croquis préparatoires de personnages, paysages, objets, vêtements, je rassemble toute ma documentation. N’hésite pas à dessiner le contenu de ta case sur un papier à côté, avant, pour mettre au point l’attitude de ton personnage (quitte à demander à un copain de poser pour bien capter son expression de visage et son attitude corporelle), son anatomie (si c’est un gars musclé torse nu, ça peut être important), quitte à regarder un livre d’anatomie artistique, ses vêtements et la façon dont ils se plient en fonction du mouvement (quitte à regarder sur un catalogue comment se plie tel type de tissu), le décor et la perspective (n’hésite pas à consulter un ouvrage sur ce thème) !


Encrage et mise en couleur

Comme on l’a dit au stade du choix du matériel, là encore il vaut mieux s’entraîner un peu à côté avant d’encrer sa BD sur laquelle on a passé tant de temps ! Si on rate l’encrage, il faudra recommencer le crayonné. C’est donc une étape importante. Il vaut mieux être à l’aise avec l’outil qu’on utilisera, car si on est un peu laborieux cela se verra probablement !

L’encrage peut consister simplement à repasser les traits qu’on a faits au crayon à papier, mais cela peut-être plus complexe si on a de grands a-plats noirs et des effets sophistiqués d’ombre et de lumière. Là encore, l’essentiel est de bien observer, d’une part ce qui se passe dans la nature, d’autre part comment cela a été rendu par les grands artistes qui travaillent dans le même style que toi.

Après l’encrage, il faut gommer le crayon à papier. Attention à bien attendre que l’encre ait séché !

La mise en couleurs est elle aussi une opération délicate qui peut gâcher des heures d’efforts.

La règle est de commencer par des couleurs légères, douces et claires, pour monter en puissance au fur et à mesure. En effet, si on applique directement des couleurs fortes, on ne pourra pas (ou difficilement) atténuer par la suite.

Dans les BD comiques, on a souvent des couleurs bariolées, mais rien n’empêche d’avoir des planches avec une tonalité principale, et quelques éléments importants ou quelques points qui se détachent dans un ton différent! Pour s’entraîner, on peut faire un copie de son dessin encré, et tester des combinaisons au crayon de couleur par exemple, avant de colorer directement son original.

Néanmoins, ne te laisse pas paralyser par toutes ces contraintes, et exprime-toi librement : la BD ce n’est pas juste un étalage de savoir faire et de techniques, c’est un moyen d’expression. Plus ton expression sera sincère, plus ta BD sera intéressante.

Dessine d’abord les choses en formes simples, sans appuyer avec le crayon, avec des traits de construction.

Ensuite, dessine plus précisément, en appuyant plus fortement (en pensant qu’il faudra gommer après toutefois).

 

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